J’ai commencé cette série de phrases écrites au stylo Bic lors d’une résidence en 2024.
Elle part d’une envie de voir si les mots pouvaient devenir une matière plastique. J’écris des phrases en écriture automatique, simplement ce qui me traverse l’esprit. Au départ, j’avais tenté de recopier un monologue que je connaissais par cœur, mais le discours ne portait pas le geste, il y avait des efforts à faire pour se souvenir. En laissant venir les phrases spontanément, le rythme est plus vivant et la ligne graphique plus vibrante. J’utilise mon écriture quotidienne qui est très régulière.

Ce sont donc de vraies phrases, avec majuscules et points, mais leur superposition les rend illisibles. Malgré toute tentative, le texte reste volontairement indéchiffrable. Les mots perdent leur fonction première et deviennent une masse indifférenciée, un bloc opaque. Un tas de mots.

Pour matérialiser l’épaisseur des mots, j’ai parfois varié le nombre de couches, créant des zones de densité, de creux ou de précipice dans le discours.